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mercredi 30 avril 2014

Paquebot

On n'aurait pas cru que cette belle affiche du Normandie, récupérée sur une page Facebook dédiée à l'histoire de la publicité, nous aurait entraîné si loin et méritait mieux qu'un simple message Facebook.

Le prochain message, en gestation, traitera du "Millefeuille" institutionnel français. 



A propos de l'affiche : rendons nous à l'évidence : une grande partie de ce qui fut fait, écrit, édité, représenté, construit il n'y a pas si longtemps, et avec tant de plaisir, n'est tout simplement plus possible. Cela s'appelle sans doute vieillir.

Car le phénomène illustré par les surcharges ne s'applique pas seulement au graphisme publicitaire... mais à peu près à tous les projets collectifs, dans quelque domaine que ce soit. 

D'où cette question stupéfiante : comment est-il encore possible d'accomplir quelque chose de réel, de vrai, de concret dans nos sociétés hypercontrôlées et hypercontrôlantes, jusqu'à stériliser les imaginations et les initiatives.

Comme si progressivement s'ancrer l'idée que la capacité à innover, à créer, était réservée à une élite dirigeante dont le principal travail est d'empêcher tous les autres de participer au processus d'initiative sociale, culturelle et politique. C'est grave, mais bien réel et vécu tous les jours. Il faudra développer.

dimanche 12 janvier 2014

dimanche 21 avril 2013

Nature, Culture, Injure


Si on n'était pas entièrement convaincu de la pertinence d'étendre l'institution nuptiale aux couples de même sexe, la tournure prise par les manifestations de la droite réactionnaire et le comportement de la droite parlementaire qui s'est placée à sa remorque par pur opportunisme politique obligent à s'engager.

Car les arguments élevés par les détracteurs du mariage pour tous sont tellement nauséabonds en plus d'être intellectuellement, anthropologiquement et philosophiquement inacceptables, qu'ils ont désormais transformé cet engagement en combat pour la démocratie. Ni plus, ni moins.

S'il s'agit de réserver l'union conjugale et la capacité juridique d'assurer l'éducation des enfants aux seuls couples hétérosexuels, constitués des seuls géniteurs, père et de la mère biologiques, ce qui résume la position de la majorité de ceux qui battent le pavé ce jour, l'insulte est grande.

Insulte aux adoptants quel que soit leur sexe, insulte aux familles monoparentales et recomposées, insulte à tous ceux qui, par les hasards souvent malheureux de la vie, se sont trouvés dans la situation de devoir assurer l'accueil et l'éducation d'un enfant dont il ne sont pas  les géniteurs : familles d'accueil, grands-parents, parents de géniteurs décédés, parmi tant d'autres auxquels on peut penser. Couples homosexuels compris.

C'est un grand acte de dénégation sociale que de ne pas vouloir voir que nous vivons depuis toujours ces situations, partout autour de nous et que le temps est venu de l'admettre juridiquement. Enfin.

Plus avant, tous ceux qui se réfèrent à une pensée un tant soit peu rationnelle l'ont pointé publiquement : en matière d'éducation et de parenté, la nature n'est que contingente et souvent trompeuse ("l'instinct maternel"...) alors la culture est de l'ordre de la réalité anthropologique instituée, c'est à dire de l'ordre du choix humain ultime.

Pourvu, en effet, que l'accès aux origines - comme c'est actuellement le cas - soit reconnu, préservé, facilité. C'est la dénégation de ce droit, en plus des tragédies des dictatures concernées - l'argentine et l'espagnole, qui a fait scandale dans les sinistres affaires de bébés volés, par exemple. Mais l'accès à ses origines biologiques n'anéantit pas l'identité sociale de ses parents, s'ils ne sont pas ses géniteurs. Quelle est cette pensée qui oppose les identités entre elles ? On n'ose pas la désigner...



La nature est contingente : la biologie ne fonde aucun lien de parenté par lui-même, sauf à prétendre que l'être humain lui est entièrement soumis, ouvrant par la un dangereux "Meilleur des Mondes". Dans le lien de parenté, nous sommes dans la reconnaissance non pas biologique, mais instituée, résultant du fondement même des sociétés humaines modernes : la capacité à protéger l'individu quelle que soit son origine et ses caractéristiques biologiques, la capacité à énoncer et faire respecter le droit, indépendamment du biologique.

On mesure de là l’aberration et le caractère éminemment dangereux, en plus d'être odieux, des arguments agités par les détracteurs du "mariage pour tous" : un seul modèle familial, inspiré par la biologique pure, où l'institution proclame que géniteurs et parents doivent être les mêmes. Et que fait-on des autres ? Voulons nous vivre dans cette société là ? 

Viennent inévitablement à l'esprit ces images d'une journée particulière, d'Ettore Scola, où les personnages de Marcello Mastroiani et de Sophia Lauren se retrouvent seuls parce que non conformes au modèle social unique préconisé par la société fasciste, dans cet immeuble habituellement surpeuplé et bruyant, que les habitants ont déserté pour assister à la rencontre du Duce et du Führer. C'était le 8 mai 1938. Les squatteurs de manif issus des extrêmes droites de tout poil ne s'y trompent pas.


samedi 18 février 2012

Tyranneau



Il l'aura bien cherché. La promesse d'une vaste déculottée du locataire élyséen fait chaud au coeur des démocrates, même si peau de l'ours ne peut encore être vendue.

On retiendra d'abord cet article, qui traduit assez bien la période détestable qu'il vient d'infliger à la société française, en se couvrant de la cape d'invisibilité de la crise pour avancer encore plus loin son projet ultra-libéral.

On retiendra ensuite l'entrée en campagne sur le thème des Valeurs, dans un Figaro Magazine encore plus servile que servile.

Le mot Valeur doit éveiller la méfiance : il fait partie de ces termes, qui, trop employés, signifient que la chose correspondante fait défaut... tout comme Citoyenneté, Ethique, Laïcité, Démocratie...

Mots-valises commodes, mais qui ne signifient rien d'autre que leur manque car il désignent d'abord des pratiques et des comportements qui doivent dans le même temps qu'ils sont prononcés être vérifiés dans une réalité sociale et politique pour être valablement employés. L'exercice ne pardonne pas s'agissant de Sarko.



Enfin, le bouquet : un premier discours de campagne dont un des motifs est le dialogue direct avec les Français. Et nous voici nous approchant à toute allure de cette société de cauchemard qu'un Michel Rocard avait un jour bien décrite : le pouvoir, le peuple... et la télé au milieu. Associations, syndicats, corps intermédiaires, contre-pouvoirs organisés, régulations institutionnelles : au rebut de l'histoire...

Point n'est besoin d'épiloguer pour désigner la pente sur laquelle ce candidat nous précipite. 


mercredi 26 octobre 2011

We are the 99%




Le mouvement Occupy Wallstreet qui agite tous les Etats Unis en ce moment est passionnant, car il signifie une modification radicale de l'attitude de la population américaine face à sa société.

Comment un pays aussi inégalitaire, aussi peu soucieux de ses plus faibles que les Etats-Unis, a-t-il pu garder sa cohésion ? Comment n'a-t-il pas versé dans la révolution malgré ces injustices et ces inéquités si évidentes qui choquent les européens bien protégés que nous sommes ?

Parce que l'idéologie libérale qui anime toute la société tenait en respect chacun : j'ai ma chance, tout le monde a sa chance, je peux accéder à l'élite par mon travail et ma motivation. Mais ce que l'idéologie libérale ne livre pas clairement - toute idéologie est mensongère - c'est que cet accès n'est possible que sur le mode individuel et qu'il ne concerne qu'une minorité : 1%.

D'où le slogan : We are the 99%



Mais ceci signifie clairement cette fois que l'idéologie libérale n'agit plus, qu'elle n'est plus suffisante pour assurer la cohésion de la société US, que le mensonge est dévoilé : malgré mon travail, malgré ma motivation, ils ne seront que 1% à profiter du système... et je ne serai pas forcément dedans.

Comme les américains ne font pas les choses à moitié, le mouvement Occupy Wall Street, qui existe bien évidemment sur tous les réseaux sociaux et partout sur l'internet, mais aussi dans la vraie réalité, n'est pas prêt de faiblir.

Alors, où va-t-on, si maintenant ce sont les américains qui font la Révolution ?!


dimanche 2 octobre 2011

Vigilance, camarades citoyens !


Et oui, le mur de Berlin est tombé... et le Sénat, à gauche depuis dimanche dernier, vient d'élire un président socialiste. OOuups ! Notre Naboléon national aura donc réussi à perdre TOUTES les élections depuis la sienne en 2007, y inclus les sénatoriales, pourtant taillées sur mesure à l'avantage de la droite depuis toujours.

Une espèce de record, qui diminue certes la capacité de nuisance de l'intéressé... Mais ce dernier, qui n'a plus grand chose à perdre sauf l'essentiel, son opposition interne étant muselée, reste encore capable d'inventer dans les quelques mois qui lui restent de nouveaux moyens pour poursuivre l'entreprise de démolition de la société française qu'il a si bien entamée depuis son accession à la Magistrature suprême, comme on dit... A son profit ou à celui de ses amis, comme il se doit.

Vigilance, camarades citoyens.


dimanche 4 septembre 2011

Fin de règne



Il faudrait écrire quelque chose d'intelligent sur les fins de règne. Monarchistes invétérés habillés en républicains tardivement, les Français connaissent bien ces périodes crépusculaires au cours desquelles la violence des attaques et coups bas sont à la mesure de l'image que le souverain a voulu donner de lui-même, et d'autant plus violents que les faits enfin avoués - sinon avouables - mettent à mal cette image fabriquée  et artificiellement entretenue.

Pour les monarques d'autrefois, ces fins de règne pouvaient être soit très longues - Versailles s'est transformé progressivement en quasi-maison de retraite à mesure que Louis XIV n'en finissait pas de vieillir - soit inconnues ou très courtes, quand un mauvais mal ou un mauvais combat emportait sa Majesté d'un seul coup d'un seul.

En République, au moins, on sait quand le mandat du souverain élu se termine. Et les fins de règne sont donc  prévisibles, sauf accident de type mai 68 ou maladie pompidolienne. 


Nous y voilà à nouveau. Cette fois, le petit roi est bien nu, son entourage ne sait plus le masquer et multiplie les bourdes, illustrant tous les jours de parfaite manière la déconnexion totale du pouvoir et de ses mandants.

En clair, rien ne va et les langues se délient.

Rien ne va : pagaille financière et fiscale, secteur social et services publics d'Etat en miettes, politique industrielle et agricole illisible, sécurité publique et diplomatie en berne - l'épisode libyen, inachevé au demeurant, ne peut masquer les compromissions et complaisances avec tous les dictateurs de la zone, Kadhafi compris... On en passe.

Les langues se délient : on n'aura reculé devant rien pour conforter sa cupidité du pouvoir. Écoutes illégales, pressions invraisemblables sur les responsables de tout poil qui n'ont pour seul défaut que leur conscience personnelle et professionnelle, utilisation de l'appareil d'Etat au profit de sa caste, manipulations de l'opinion, volontarisme insensé, entêtement personnel (le taux réduit de TVA pour les restaurateurs... inutile et coûteuse lubie maintenue envers et contre tout !)... On en passe aussi.

Et nous voici en train de compter les jours, comme les marches d'un escalier qui n'en finit pas de descendre. Et sans être vraiment sûr qu'au bout du bout, tout en bas, on y trouvera un ascenseur tout rose... ou de de noires oubliettes malodorantes.



lundi 25 avril 2011

Le cul par terre, c'est la faute à Zadig et Voltaire...

... le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Schengen !

M'enfin, qu'est-ce que c'est que cette histoire de dénoncer, suspendre ou que sais-je encore les accords de Schengen ? Et pourquoi pas rétablir la peine de mort, tant qu'on y est ? Piétinons sans vergogne tous les accords internationaux de la France, le traité de Rome et la convention européenne des droits de l'homme en premier, il en restera toujours quelque chose...

Les premiers immigrants illégaux :
 "Pas de carte verte, pas de visa ?? 
Je suis désolé... il nous faut des papiers"

Et, encore une fois, le cynisme gouvernemental explose... Un millier de Tunisiens à la frontière franco-italienne, belle occasion d'agiter l'épouvantail de la marée migratoire ! Tunisiens qui sont nos amis en principe, mais attention : pas tous : seulement les riches, et tant pis s'ils sont dictateurs.

Pas d'autre solution que de faire confiance à l'immense rationalité de l'électorat : qu'il chasse dès que possible ce triste clown et ses épigones, qui marchandent les valeurs de la République sur les étals peu reluisants de l'extrême droite. Ras le Bol !




samedi 27 novembre 2010

Cette femme est dangereuse !


Mais quelle enquiquineuse, cette défenseure des enfants ! Il était grand temps de la faire disparaître pour noyer l'institution qu'elle représente dans le fourre-tout du futur "Défenseur des droits" (encore ?) promis à Kouchner ou à Jack Lang ou on ne sait bien plus à qui pourvu que...


Ceux qui ont loupé les épisodes précédents se reporteront à ces messages précédents pour être éclairés :
http://enattendantlarevolution.blogspot.com/2009/09/defendons-la-defenseure.html
http://enattendantlarevolution.blogspot.com/2010/06/droit-de-suite-defendons-la-defenseure.html


N'en décolérons pas !

Ancienne membre des gouvernements Raffarin au début des années 2000, Dominique Versini aura su jusqu'au bout, et malgré les attaques passablement odieuses dont elle est régulièrement victime, incarner avec dignité, constance et conviction l'institution "Défenseure des enfants" supprimée au mépris de tous les engagements internationaux de la France, et notamment ceux relevant de la Convention internationale des Droits de l'Enfant adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée générale de l'ONU.

20 novembre, vous avez dit 20 novembre ? Mais que se passait-il au juste ce 20 novembre 2010 ?


samedi 11 septembre 2010

62, pas de quartiers !




Voilà, c'est fait. L'assemblée nationale, sous la pression sarkoziste, vient de voter la retraite à 62 ans, démentant la promesse électorale du guignol de l'Elysée - mais il est vrai qu'il n'en est plus à une guignolade près - et introduisant dans le dispositif de protection sociale la plus flagrante des inégalités : celle des conditions de travail. 62 ans pour tout le monde, aberrant ! Et ce sont les mêmes qui ont voté cela, qui vous expliquaient naguère que la société où tout le monde faisait la même chose en même temps par décret du méchant Etat interventionniste, c'était bien fini, promis-juré-craché.

Pour le coup, fixer un âge relève bien de la fixation idéologique et de la volonté d'en découdre avec les partenaires sociaux, dans un style à la hussarde qui ne portera à l'évidence pas chance à ses inspirateurs. Dans une société raisonnablement dirigée, qu'est ce qui empêchait au juste de réfléchir, vraiment et collégialement, à un système à modulation, où chacun gardait la possibilité de choisir sa retraite, selon ses aspirations et son style de vie souhaité ?

Quant au financement de la chose, elle repose en effet à 90% sur les salariés, et parmi eux d'abord sur les plus défavorisés. Super politique !

Enfin, prenons date : la gauche clame partout qu'elle rétablira les 60 ans dès qu'elle le pourra. Chiche ?


mardi 3 août 2010

Pompier pyromane : le clown devient dangereux



Ivre du désamour des Français à son égard, sonné par les mauvaises performances de son gouvernement dans tous les domaines, secoué par les affaires répétitives qui mettent en cause, les uns après les autres, tous ses appuis, le locataire de l'Élysée a cru bon se fendre d'une série de déclarations haïssables, désignant à la vindicte publique les ennemis de l'intérieur qui l'empêcheraient de faire notre bonheur.

J'ai nommé d'une part les Roms, Tziganes, Gitans, Gens du voyage... On ne sait plus trop - les voleurs de poules, quoi - et d'autre part les criminels d'origine étrangère à qui il faudrait retirer la nationalité française, créant du même coup une espèce de sous-catégorie de français : les français d'origine étrangère... jusqu'à quelle génération exactement ? Faudra-t-il ensuite entrer dans une sinistre comptabilité d'encore plus sinistre mémoire : demi-français ? quart de français ? 8° ou 16° de français ?

Un peu irresponsable, de jouer ainsi avec les allumettes, tel le pompier pyromane, qui allume le feu pour légitimer son statut sans pouvoir ensuite le contenir, embrasant toute la forêt.

Gageons que le vieux fond de rationalité populaire ne se laissera pas attraper par ces grosses ficelles gesticulatoires, et qu'il renverra à la première occasion l'intéressé à ses propres foyers. Bon débarras.

En attendant, regrettons qu'un Président de la République française, par pure démagogie, joue ainsi avec les valeurs fondamentales garanties par la Constitution et les engagements internationaux de la France, avilissant ainsi la fonction.

Ou faut-il n'y voir que les dernières armes d'un monarque aux abois, qui ne sait plus à quoi s'accrocher pour éviter de se noyer dans l'impopularité ou bien pour conjurer sa trouille immense de devoir répondre d'éléments de son passé peu reluisants et de choix politiques catastrophiques ?

Assurer la sécurité publique demande de l'humilité, de l'intelligence, des stratégies à moyen et long terme, du respect et la valorisation réelle de ceux qui sont chargés de ces tâches.

Certainement pas de la haine, des rodomontades, des promesses creuses et des idées reçues au comptoir du café du commerce. En plus, stigmatiser tous les individus d'une population pour la seule raison qu'ils appartiennent à cette population, cela a un nom : le racisme.


samedi 5 juin 2010

Droit de suite : défendons la Défenseure !




Le blog En attendant avait relayé le projet de notre bon gouvernement de supprimer le poste de Défenseur des enfants en noyant ses compétences dans celles du futur Défenseur des droits, ainsi d'ailleurs que celle de la HALDE, et d'autres commissions dont les rapports sont souvent gênants pour l'autorité suprême qui gouverne notre pays avec pourtant tant de clairvoyance.

Il se trouve que le projet de loi correspondant était examiné par le Sénat cette semaine et qu'un amendement d'un sénateur UMP , Hugues Portelli, proposait de sortir la fonction de Défenseur des enfants de cette mixture. Amendement adopté avec les voix de la gauche sénatoriale, des centristes, et d'une partie de l'UMP... Puis... refusé le lendemain. Mais que s'est-il passé ? Et pourquoi ce revirement ?

Dominique Versini, juriste, vaillante Défenseure des enfants et de la fonction qu'elle exerce encore pour quelques mois au moins, explique tout avec limpidité dans l'interview ci-dessous, donné à France info hier :


Dominique Versini à France Info
le 4 juin 2010


Rappelons quand même, au delà de la polémique, que l'instauration de la fonction de Défenseur des droits de l'enfant est directement liée aux engagements de la France quand celle-ci a signé, puis ratifié en 1989 la Convention internationale relative aux Droits de l'enfant mise au point et portée par les Nations Unies. Mais qu'est-ce que l'ONU pour notre Napoléon en herbe, que le Défenseur gêne profondément pour certains de ses avis bien sonnés ?

Cette affaire est assurément emblématique de tous les dysfonctionnements politiques actuels : il est purement et simplement inconcevable qu'une démocratie moderne s'assoie sur ses engagements internationaux sans vergogne du simple fait du Prince. Mais où vivons nous donc ?

A ce titre, je propose d'ériger la banane comme symbole de résistance. Vive donc la banane, symbole de toute République... bananière !


mercredi 14 avril 2010

Pologne : 96, France : 0 - du tragique au comique

dessin de Arend Van Dam

Le contraste est saisissant : d'un côté, l'avion présidentiel polonais qui s'écrase en Russie avec 96 personnes à bord, dont une grande majorité d'excellences, alors qu'il était en route pour une grave cérémonie permettant enfin de rétablir la vérité sur le massacre de Katyn, et de tourner une des pages les plus tragiques du XX° siècle. De l'autre, un guignol présidentiel complètement azimuté qui réussit le tour de force de transformer une rumeur anodine en affaire d'Etat. Mais où sommes nous donc ?

Et Carla qui s'y colle, à Europe 1, en balançant une énorme contre-vérité : la pauvre, personne ne lui avait dit que les services de sécurité intérieure avaient été convoqués au chevet de son lit matrimonial ! Imagine-t-on Tante Yvonne, Claude Pompidou, Anémone Giscard d'Estaing, Danièle Mitterrand ou Bernadette Chirac aller vaillamment dans les grands médias couvrir leur époux... ? Alors que leurs maris respectifs ont tous eu affaire à des rumeurs d'autre importance...

La famille Sarko, ça commence à bien faire... , c'est en substance ce que les instituts d'étude de l'opinion recueillent comme matière première en ce moment, selon le Canard enchaîné de ce jour. En effet. Et pour marquer le coup, voici la chronique de Stéphane Guillon de ce lundi, qui propose une synthèse plutôt grinçante des deux informations.

Prenons aussi un peu de distance avec un extrait du Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung de dimanche dernier où le feuilletoniste Nils Minkmar trouve une image assez convaincante de ce qui nous arrive : coincés dans l'ascenseur avec Sarkozy...

(...) Le médium de la rumeur est surtout efficace dans le camp de la droite, où l’on aime les présidents inaccessibles, qui peuvent être admirés tandis qu’ils s’occupent de leurs affaires tout en haut, au sommet de l’Etat, en laissant tranquilles leurs concitoyens. Lesquels ont déjà bien assez d’ennuis comme ça – pas la peine de partager en plus ceux du chef de l’Etat. Quand on s’entretient ces temps-ci avec des policiers et des commerçants en province, ils secouent la tête dès que le nom de Sarkozy est mentionné. Que l’on tombe partout sur des photos de la première dame [en français dans le texte] nue est déjà pénible pour beaucoup de ses partisans. Qu’il ne se maîtrise toujours pas, qu’on le voie tout le temps à la télé, ça énerve aussi. Depuis plusieurs jours, la France a l’impression d’être coincée dans un ascenseur avec Sarkozy (...)

Le titre de l'article est Le Président dans son labyrinthe. On lui souhaite d'en sortir un jour.


vendredi 18 septembre 2009

Défendons la Défenseure !


C'est à ne pas y croire ! Notre bien réactionnaire gouvernement, sous l'éternel prétexte de l'efficacité, projette rien moins que la disparition pure et simple d'une des institutions les plus modernes et démocratique de notre beau pays, la Défenseure des enfants.

Cette disparition est bien évidemment emballée dans une fusion avec celle dirigée par le très bien pensant et très chiraquien Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République.

Lui ne risque pas de déranger quiconque, il n'est qu'à voir la page d'accueil du site internet de la Médiature, alors qu'il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la disparition projetée de la Défenseure est liée à ses prises de positions plus sévères et sans ambages contre l'emprisonnement des enfants dans les centres dit "de rétention administrative" à destination des sans-papiers.

Le bazar médiatique autour du tout sécuritaire continue donc, jusqu'à avoir la peau d'une institution publique pour une fois indépendante et non inféodée au Sarko-Circus.


L'institution d'un défenseur des enfants n'est pas née d'une lubie technocratique, elle répond à la convention internationale des droits de l'Enfant, ratifiée par la quasi-totalité des Etats du monde, texte de référence incontournable et incontestable, riche et intelligent.

Porter atteinte à la défenseure en France, c'est insulter l'esprit de démocratie dans le monde entier.

mercredi 11 février 2009

Antisarkozysme primaire, secondaire et tertiaire (bis) : Der Omnipräsident


Cette fois ci, il ne s'agit pas de plaisanterie : je récupère par Jean-Paul et son correspondant d'échange de maison à Munich cet article du Spiegel, véritable institution de la presse hebdomadaire allemande - plus d'un million d'exemplaires diffusés, soit deux fois plus environ que l'Express ou le Nouvel Observateur - qui se paie Sarko de manière fort méchante en dressant un bilan à l'acide de son omni-présidence 2008 dans son numéro du 8 décembre 2008.

Les germanophones trouveront l'article en suivant ce lien.

Couverture du 8 décembre 2008

Pour les autres, petit compte rendu de l'article : plutôt acide pour Sarko, donc ("on se demande quand Sarkozy trouve le temps de dormir"," il n'est pas le Président de tous les Français, mais plutôt le chef d'un clan"...).

Le traduire dans le détail n'aurait pas trop de sens, nous connaissons tous les éléments de son contenu. Il s'agit, résumé pour un public étranger, du florilège de toutes les c... sarkoziennes de l'année 2008.

Tout y passe : les rodomontades sur la crise économique (qui montre au passage que les européens sont loin d'être dupes des promesses de Sarko quand il était président de l'Europe, contrairement à ce que les médias français ont essayé de nous faire gober), la bague de Rachida enlevée par l'ordinateur, les mauvais sondages, la mise en danger des institutions républicaines, le "casse-toi, pauvre con", la garde à vue du porteur de pancarte qui reprenait la même expression, les brèches dans les droits de l'homme ("qui pourraient rappeler l'amérique du sud des années 70" dit l'article, peut-être un peu fort quand même), de l'état des prisons françaises aux bavures policières, la confiscation du pouvoir éxécutif, renforcé encore par la réforme constitutionnelle (un problème pour les allemands, il y a des raisons historiques bien compréhensibles à cela) au profit d'intérêts particuliers.

"La Ministre de la Justice Dati en visite dans une prison
Avec Sarkozy, un style politique est apparu, qui endommage la culture démocratique"


Les dernières phrases sont assez bien vues : Ce qui arrive à la France montre que la démocratie et l'Etat de droit ne sont pas de choses qui vont de soi, mais qui doivent être reconquises tous les jours (...) L'Allemagne en a fait l'amère expérience comme quasiment aucun autre pays. Il faut maintenant que la France, qui la plupart du temps s'est trouvée du côté ensoleillé de l'histoire, y fasse grandement attention.

Morale de l'histoire : qui aime bien (la France) chatie bien (Sarko). Le Spiegel n'est un journal révolutionnaire, cette charge anti-sarko est donc plutôt remarquable, mais elle traduit parfaitement le malaise des allemands devant les dérives monarchistes (au sens littéral du terme : exercice solitaire du pouvoir) qu'ils haïssent. En même temps, l'article traduit également une parfaite connaissance de la société française, se gardant en permanence de faire l'amalgame entre "Sarko" et "les Français". Ouf !

Couverture du 21 janvier 2008
"Affaire d'Etat Sarkozy/Bruni - L'érotique du pouvoir
les noces du sexe, de la politique et de la romance people"


dimanche 11 janvier 2009

La belle usine à gaz que voilà !


Information reçue ces temps-ci par les plus de 5 millions de fonctionnaires :


Merci, depuis 2005, les intéressés avaient probablement remarqué ce nouveau prélèvement obligatoire non compensé, qui a signifié donc à l'époque une perte sèche de revenu mensuel.

Remarquons au passage qu'il a fallu trois ans pour informer... A l'échelle des cathédrales, c'est peu, il est vrai.

Poursuivons l'exploration de l'envoi et découvrons ceci :



Tout ce système pour aboutir au final à 470 Euros de rente annuelle.... au maximum. et si tout va bien. Et à condition de partir en retraite à 65 ans. Super !

Imagine-t-on l'énergie, le temps de travail, l'argent investi dans la mise en place de cette usine à gaz, alors qu'il suffisait probablement de bonifier les systèmes de retraite existants ? Quels cerveaux enfiévrés de la haute fonction publique ont produit cette usine à gaz ? Au secours !

La France doit en effet être un pays immensément riche pour se permettre ce genre de gabegie, qui commence avec les frais d'édition et d'envoi de cette information ridicule et qui serait risible si elle n'engageait pas des fonds publics, en offrant au passage sur un plateau à tous les détracteurs du service public un bel argument pour stigmatiser l'inefficacité et la faible réactivité de l'administration publique... Bravo.

dimanche 14 décembre 2008

Manifestations en Grèce : les photos


Et bien non, je n'étais pas en Grèce cette semaine. Ces images datent de l'été 2006, où, à Thessalonique comme un peu partout ailleurs, des manifestations anti mondialisation battaient le pavé.

Manière de rappeler que les Grecs ont la tête près du bonnet, comme on dit, et qu'ils savent résister quand il faut aux pitoyables gouvernements que leur classe politique médiocre leur inflige. Mais ils en vu d'autres, en 25 siècles !

Ce qui arrive ces jours-ci en Grèce est l'illustration parfaite de cette question : comment se fait-il que les jeunes européens ne se révoltent pas plus devant la précarité croissante que leur impose la machine économique, particulièrement dans les pays du sud de l'Europe ?

25% des 16-25 ans en Grèce sont sans emploi ni occupation aucune. Nous sommes en France à 21%, et les chiffres sont comparables en Italie et en Espagne. Et ces pourcentages sont évidemment bien supérieurs dans certains secteurs pour certaines populations.

Qu'on ne se trompe pas : comme en France en 2005, ces manifestations grecques ne sont pas celles de la rupture avec un système économique, mais elles font au contraire exploser, par frustration, le désir d'y être inclus.

Bien sûr, ce sont les entreprises qui créent les emplois, pas les gouvernements, et une grande partie des emplois sont partis ailleurs, ceux restant étant pour une grande partie déqualifiés. Or, le niveau moyen d'enseignement et de culture a grimpé en flèche. Nous voici donc en présence d'une vraie crise de société, nécessitant des adaptations majeures qu'on ne peut laisser au bon vouloir des purs mécanismes du marché, dont l'intérêt égoïste est évidemment de disposer d'un vivier de main d'œuvre hyper qualifiée mais pas chère et taillable à merci.

Voilà qui signe, une fois de plus après la grande crise, la nécessité du retour du politique, en Grèce comme ailleurs. Mais nos sociétés seront-elles capables de faire émerger une génération capable de gérer ce nouveau lien entre politique et économie, loin des vieilles idéologies préfabriquées et désormais inopérantes, mais avec assez de légitimité pour faire en sorte que les richesses existantes se répartissent mieux ?

PS : Je profite de ce message pour souligner le caractère insupportable du fait que les médias français disent "Salonique" au lieu de "Thessalonique" ... Un peu comme si on continuait de désigner Saint Petersbourg par "Leningrad", ou comme si on laissait dire "Nizza" pour "Nice"! Les bons esprits du politiquement correct soulignent que Thessalonique est l'ancien nom de la cité, qui fut re-héllenisé dans les années 1920 après la fin de la présence ottomane de plusieurs siècles etc. (la maison natale de Mustafa Kemal se trouve là), mais les Grecs, membres de l'Union européenne, ont bien dénommé la Ville "Thessalonique," alors pourquoi refuser de l'appeler comme telle ?






samedi 13 septembre 2008

Revue d'actualité : un vrai florilège !


Cette rentrée nous offre sur un plateau d'argent toutes les errances et dérives d'un pouvoir bien de droite, et d'une droite gouvernementale particulièrement archaïque et réactionnaire, comme on l'avait déjà repéré, sous des dehors modernistes qui ne devraient hélas tromper personne.

Tentons une liste :

- une opération de guerre désastreuse et criminelle que la grande muette s'évertue à travestir en "succès-dont-la-France-devrait-être-fière". Elie Barnavi, qui s'y connait en opérations militaires comme ancien ambassadeur d'Israël, rappelait avant-hier encore à France Culture que la guerre se paye dans tous les cas par du sang et des larmes et que notre Europe, où les conflits armés sont impensables désormais, sauf à ses marges extrêmes, ignore désormais le caractère exorbitant de ce prix.

- une opération copinage qui aboutit ni plus ni moins qu'à l'éviction du DDSP de la Corse, personnage sans importance ni sans honneur d'ailleurs, puisque c'est l'Etat qui l'avait nommé là !

- l'abdication des responsabilités de l'Etat et la ridiculisation du Parlement dans la rebondissante, cacophonique, médiatique et peoplistique affaire Tapie

- la publication d'un Décret autorisant les services de Police à mettre en route un fichage à grande échelle, de la population autrement dit l'officialisation et l'informatisation des pratiques surannées des RG, toute personne ayant eu accès à sa fiche ayant pu constater l'inanité et le ridicule des informations contenues. Mais ça va pas non ? Les responsables politiques, syndicaux, associatifs (que l'auteur de ces lignes fut longtemps), dangereux pour la démocratie ? Alors que c'est eux qui l'animent ?? Mais que les RG et la DST réunis occupent plutôt leur temps à chasser les vrais terroristes, et cela ira, car personne - moi le premier - n'a envie de sauter sur une bombe un beau jour sur une place publique.


- une visite du chef d'Etat du Vatican exploitée par le pouvoir français sans en avoir l'air pour encore tenter de remettre en cause le fondement principal de la République française, le principe de laïcité. Mais ça va pas non plus, de souffler sur les vieilles braises de la guerre des deux France, dont on sait - François Bayrou le premier - qu'elles peuvent se rallumer à tout moment ? Mais quel espèce de pyromane est ce chef de l'Etat ?



Ouf, tout cela fait déjà beaucoup, et on passera la déconfiture économique, le déficit public record qui ne s'est pas remis des énormes cadeaux fiscaux du début du quinquennat, les coups de canifs, puis de cutter dans les droits sociaux les plus élémentaires, l'accroissement des difficultés de vie des familles modestes, visible à l'œil nu quand on s'intéresse un peu à la "vraie vie des gens". On ne parlera pas non plus du mariage de l'héritier et de l'héritière.



Un régal aussi pour notre palmipède préféré, qu'il va falloir maintenant classer définitivement comme espèce protégée et comme patrimoine inaliénable de l'humanité avant qu'on ne cherche à lui casser trois pattes...

EN ATTENDANT : APPELS

mardi 27 mai 2008

Que serait la Turquie sans l'Europe...


... et que serait l'Europe sans la Turquie ?

Bernard Guetta, dans sa chronique de ce matin sur France Inter, a raison de dénoncer l'incroyable démagogie et légèreté dont font preuve les dirigeants actuels de notre République à l'égard de la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'Union européenne.

Qu'un certain nombre de conditions ne soient pas remplies encore pour l'accepter, cela crève les yeux et personne ne songe à le contester. Mais pour autant, il suffit de quelques secondes bien pensées pour imaginer les dégâts qu'un refus définitif de l'entrée de la Turquie provoqueraient.

Outre le fait qu'une grande partie des racines de ce pays se trouvent de ce côté ci du Bosphore, que la Turquie, comme grande puissance sous-régionale, doive être considérée avec une attention particulière, qu'une grande partie de sa population se reconnaisse dans les valeurs de l'union européenne, quelle solution laisserait-on aux Turcs ? Créer une vaste zone mafieuse avec toutes les républiques turcophones d'Asie centrale pour inonder le reste du monde de drogue et corruption ? Copiner avec l'Irak sur le dos des Kurdes ? Encourager à l'intérieur et sur ses limites sud les fanatismes qui n'attendent que cela ? Désespérer définitivement tous les amis de la démocratie en Turquie ? renoncer définitivement à régler le problème Chypriote, où court l'autre mur qui coupe un pays européen en deux ? Cochez la bonne case, et enfermez vous chez vous vite !

Et si les Grecs, leurs ennemis-voisins de toujours, militent pour cette intégration de la Turquie dans l'Europe des institutions, c'est qu'il doit y avoir de sacrées bonnes raisons à cela, ne croyez vous pas ?

Le plus rageant est que de petits calculs politiciens franchouillards de la plus basse espèce inspirent les positions actuelles de la diplomatie française : Turcs - Arabes, c'est quasiment la même chose, non ? Honteux !



Voici la chronique de Bernard Guetta :

Bernard Guetta

lundi 24 mars 2008

Municipales et cantonales 2008 : l'embarras du choix !


Les prosélytes, affidés, porte-couteaux et porte-flingues gouvernementaux ont eu beau s'escrimer sur tous les tons pour faire passer les élections municipales et cantonales pour une victoire politique, dans une langue de bois jamais entendue à ce point et faisant passer l'électeur pour un parfait idiot, il ne manque pourtant pas de vocabulaire dans la langue française pour désigner la vraie vérité des 9 et 16 mars 2008 :

bide, branlée, brossée, capitulation, chute, débâcle, débandade, déconfiture, déculottée, défaite, dégelée, dérouillée, déroute, désavantage, échec, éclipse, faillite, fessée, fiasco, frottée, insuccès, perte, pile, piquette, raclée, revers, rossée, rouste, volée... ou faut-il encore chercher dans l'excellent dictionnaire des synonymes proposé ici ?

34 villes de plus de 30 000 habitants perdues par la droite, 37 gagnées pour la gauche ; 8 départements gagnés à gauche contre un seul qui passe à droite : comment appeler cela au juste ?



Et l'on rappellera ci-dessous pour mémoire le résultat des élections régionales de 2004 :



Merci au site France politique pour ses compilations des résultats électoraux claires et pratiques,
hélas très rares à trouver dans notre bonne presse habituelle...