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samedi 19 février 2022

Soft Power : Radio Caprice


Traduction de la ligne en russe tout en bas : 
TOUS LES STYLES, GENRES, DESTINATIONS, COMPILATIONS

Un filon musical d'importance a été découvert récemment, et il fallait en parler sur le Blog, comme pour remercier de ces heures déjà passées à écouter de la musique sans publicité, sans interruption, dans des centaines de genres musicaux si on le veut, et avec une très bonne qualité technique.

Il s'agit de la plate-forme musicale russe Radio Caprice, totalement gratuite, facilement accessible via ordinateur ou via smartphone.

Merci au pays de Monsieur Poutine. 

Mais on ne peut pas ne pas penser que l'initiative fait partie du Soft Power de la nouvelle Russie. C'est ce même pays qui poste en ce moment 150 000 soldats à sa frontière ouest, alors qu'elle a déjà mangé une bonne partie de l'Ukraine. Le même pays aussi qui envoie des mercenaires au Sahel protéger la junte malienne et occuper la place que l'armée française va devoir laisser très bientôt. Le même encore qui déchaîne des armées de hackers et de trolls pour mettre à mal tous les systèmes informatiques qui se trouvent à son ouest.

Evidemment, Radio Caprice est une bien maigre contrepartie bienveillante. Chacun jugera selon son opinion de l'utiliser ou non. Mais elle existe.

A défaut, on peut toujours utiliser la plate-forme indépendante suisse 1.FM, mais qui propose hélas un peu de réclame : nous sommes là du bon côté du capitalisme.

Quelques extraits du catalogue somptueux des flux audio proposés sur Radio Caprice. Discothécaire, c'est un métier !

PS : Le soft power, ou « puissance douce », représente les critères non coercitifs de la puissance, généralement d'un État, et en particulier parmi ces critères l'influence culturelle (Définition proposée par Géoconfluences, site officiel de l'Ecole normale supérieure de Lyon)







dimanche 5 janvier 2020

« Le macronisme est une politique de l’insensible »

Quelle belle et (af)futée définition du "macronisme", présentée par Myriam Revault d’Allonnes dans l'édition du 17 décembre dans le Monde.

(Extrait)

Derrière les discours officiels qui en appellent à la solidarité et à l’universalité, notamment à travers le projet de réforme des retraites, aucun pouvoir n’a assumé avec autant de clarté l’idée que la politique relevait  avant tout d’une gestion calculante, venant en lieu et place d’une réflexion à long terme sur les fins ultimes de la société dans laquelle nous voulons vivre. 

Le processus qui veut que la société soit régie sur le modèle de l’entreprise n’est certes pas nouveau. Il caractérise ce qu’on appelle, faute de mieux, la «rationalité néolibérale» pour qui la politique doit être soumise aux mêmes critères que ceux du management. Ce sont des constats bien connus et sur lesquels il est inutile de revenir. 

A cet égard, le macronisme n’est pas une invention politique, mais l’aboutissement d’un processus de longue durée. Le «nouveau monde» n’a rien de nouveau, si ce n’est la proclamation explicite, non dissimulée, d’un certain nombre d’impératifs étroitement associés à une vision utilitariste du social. 

Et, encore une fois, cette vision utilitariste affecte profondément la manière dont on appréhende les sujets politiques : le nouveau modèle de subjectivation proposé aux individus est celui d’un sujet rationnel, entrepreneur de soi-même, performant, soustrait par le calcul et la prévision aux aléas de la contingence et débarrassé du même coup des déchirements intérieurs, des contradictions et des paradoxes qui font sa richesse. 

A cet égard, le macronisme est une politique de l’insensible.

L'article entier est ici  A garder, car il explique beaucoup de la situation actuelle, et sans doute de la période jusqu'à la fin de ce mandat présidentiel.






dimanche 20 octobre 2013

Médiocrité



La nostalgie n'est pas un exercice gratifiant et le "C'était mieux avant" est toujours suspect du point de vue de l'efficacité théorique et plus encore pratique.

Et pourtant, il va falloir selon toute apparence, définitivement et une bonne fois pour toutes, en prendre son parti et se faire une raison : le champ politique est médiocre et le progrès n'est plus en acte.

Le champ politique est médiocre : la faute à qui ? A-t-on les dirigeants que l'on mérite ? Le populisme ambiant, largement amplifié par des médias racoleurs et superficiels, est-il inéluctable ?

Non et non. Aucun dirigeant ou aspirant à le devenir n'est forcé à la démagogie. De même, aucun responsable politique ou leader d'opinion n'est contraint de renoncer à faire appel à l'intelligence de ses interlocuteurs. Intelligence immense - dans des sociétés qui investissent tant de moyens dans leur système éducatif, on peut en faire légitimement le postulat - mais qui est utilisée à l'évidence désormais ailleurs que dans le champ politique.


Alors que se passe-t-il ?

Peut-être l'économie a-t-elle désormais créé un niveau de pression suffisant auprès du politique pour décourager de sa part toute affirmation de valeurs, tout énoncé structuré sur les principes du vivre ensemble, tout objectif intelligent à proposer à la population. Quel dirigeant ou opposant actuellement en vue en est capable ? Aucun. Et ceux qui en sont capables, où sont-ils ?

Peut-être la diversification des sociétés européennes a-t-elle aussi élevé le niveau des défis à relever pour organiser le "vivre-ensemble" et en troubler les stratégies traditionnelles. A cet égard, la sous-représentation  politique de cette diversité est une véritable catastrophe, et l'évolution des mentalités sur cet aspect si peu palpable. 

Mais l'observation au quotidien de la population conduit à conclure que les élites dirigeantes sont définitivement très en retard sur les mentalités. C'est aussi grave : en n'envoyant pas les signaux qui légitiment ces avancées et les encouragent, elles se claquemurent dans une image totalement obsolète de la société, et, surtout, surtout, laissent le champ libre à tous les extrémistes. Lourde responsabilité, qui relève de la trahison des élites déjà évoquée ici.

On ajoutera pour mémoire le phénomène aggravant qu'est l'arrivée aux manettes d'une génération de jeunes politiques, de tous bords, élevés dans le cocon des appareils politiques, n'ayant jamais exercé aucun métier, et qui ne se sont jamais frottés aux problématiques concrètes de la population ni à l'épaisseur de la réalité. Ils agissent - et comment peuvent-il faire autrement ? - selon leurs propres représentations politiciennes et non selon une image complète et authentique de la réalité sociale.

On passera aussi sans développer - facteur aggravant pour la France - sur un régime quasi-monarchique où un seul homme est capable de dire "je" en permanence en s'adressant à ses mandants.  Dans quelle autre société moderne parle-t-on ainsi ? Aucune.


Le progrès n'est plus en acte. Les générations nées au milieu du XX° siècles sont les héritières directes des trente glorieuses, et ont été nourries depuis leur tendre enfance par la notion de progrès : progrès social, économique, culturel... Progrès pour tous, qui s'agissait de partager le plus équitablement possible.

Cette idée conditionne encore largement nos comportements, nos réflexes politiques, nos pratiques collectives.

Pourtant, il faut se rendre à l'évidence : ce socle est ébranlé au point qu'il n'a plus d'efficacité. Chaque jour l'évolution des sociétés européennes en donnent les nombreux indices patents : remise en cause des acquis sociaux fondamentaux, recul du périmètre des services publics, dégradation générale des relations à la population, technocratisation des procédures, déshumanisation et précarisation des relations de travail ou de commerce, exacerbation de la compétition entre individus dont la télé-réalité n'est que le symptôme le plus évident.

Alors, que nous est-il permis d'espérer ?

D'abord, un contre-effet de ces évolutions conduit la société à une résistance accrue aux injonctions verticales, de plus en plus souvent aberrantes, mal pensées, mal calibrées, mal comprises au mieux.

Cette démobilisation et ce scepticisme est source d'individualisme, de repli sur la sphère privée et de comportements marginaux, mais ils protègent aussi les populations contre les aberrations et les usines à gaz produites par la superstructure dirigeante. Les conjurateurs dont il était question la dernière fois ici relèvent de cette logique.

Ensuite, le niveau de formation de notre société est énorme. L'intelligence collective potentielle disponible est énorme, dans tous les domaines - hors le politique, on l'a vu : scientifique, technique, esthétique, urbanistique, culturel etc. La capacité d'adaptation d'une société comme la nôtre devant tous les défis qui lui sont présentés est donc potentiellement immense, pourvu qu'on lui fasse confiance.

Enfin, il faut bien continuer d'organiser la vie collective, de proposer des objectifs à partager, des challenges collectifs en utilisant toutes les expertises disponibles - y compris l'expertise citoyenne. Quel est le bon endroit, le bon niveau, pour le faire ? Ce n'est sans doute plus dans les appareils traditionnels, figés dans leurs formes et leurs lourdeurs qui n'aboutissent qu'à exclure ceux qui ne constituent pas leur public traditionnel. Ce n'est pas non plus dans les institutions stricto sensu de tous niveaux, qui doivent réviser toutes les procédures et ne pourront pas y parvenir en vase clos.

Sans doute pas les outils de l'internet : ceux-ci aident énormément, mais produisent le meilleur et le pire - c'est la contrepartie de leur liberté d'utilisation à laquelle il faut peu toucher si on s'appelle démocratie.

Peut-être les initiatives plus marginales mais si nombreuses. Et, dans une société sursaturée d'idéologie et à qui l'on a  tout promis, un mot les rassemble : proximité.

Quant à rassembler les proximités et reconstruire sur cette base, nous n'en sommes pas là encore... et sans doute quelques bonnes dizaines d'années seront nécessaires pour cela. Mais pour organiser, dès demain, à la première occasion, la rencontre des légitimités, les discussions hors cadre convenu, les approches transversales avec tous les acteurs concernés, il ne tient qu'à la volonté !




samedi 5 janvier 2013

Désintoxication


C'est difficile, c'est loin d'être fini : il faut maintenant se désintoxiquer de la frénésie sarkozienne, qui enchantait les grands médias à l'évidence - un scoop par jour, même vérolé -  mais mettait à mal en permanence la société française, ses gestionnaires au quotidien, ses responsables du pouvoir-vivre-ensemble, quelle que fut d'ailleurs leur couleur politique. Bref, tout ce que le perdant, dans sa démagogie immense et son populisme calculateur, désignait comme "corps intermédiaires". Et bien non, on ne peut pas gérer un pays moderne et civilisé de cette manière.

Surtout, quand, parallèlement, on gave ses amis de privilèges insensés, et qu'on sait cultiver son amour des richesses très matérielles de ce monde.

Ouf, il est parti et il faut reprendre. Que ses successeurs s’entre-tuent  rien de plus normal : depuis toujours, le Prince sait qu'on faut se rendre irremplaçable. C'est même un des principes de base de l'action pour qui veut gouverner les autres à bon compte.



Pourtant, le compte n'y est pas et nous voici à l'autre extrême de l'action politique, presque aussi détestable : l'irrésolution, l'impréparation, la gouvernance selon les idées générales de quelques conseillers politiques déconnectés, qui, tout occupés à  conquérir le pouvoir, en ont carrément oublié de préciser ce qu'il s'agissait d'en faire.

Ça ne va pas. Le temps n'est pas fait pour les Bisounours de l'Etat providence qui ne se sont même pas donné la peine avant de ravir le pouvoir de sérieusement réfléchir à proposer une image cohérente de ce qu'il s'agit de construire, de défendre, de préserver, et de ce qu'il s'agit d'adapter, de faire évoluer, voire de faire disparaître, avec réalisme, pragmatisme et lucidité.

A défaut, comment expliquer, comment partager, comment négocier avec les différentes composantes de la société et, au final, comment agir ? 

Et bien, on ne peut pas. 

Boouh : j'ai envie d'être Allemand, ou même Danois(*) ou Suédois. C'est grave, Docteur ?

(*) On sort passionné de l'exercice du pouvoir à la Danoise que propose la série "Borgen"; A voir de toute urgence pour continuer de se sevrer de l'esprit de monarchie républicaine à la Française devenue insupportable, surtout dans une Union européenne, qui, elle, travaille pour de vrai et prépare la vaste majorité des vraies décisions qui, au final, s'imposeront à nos dirigeants.



samedi 8 octobre 2011

Univers impitoyable


Implacables, ces 27 témoignages sur les moeurs développées par Monsieur Sarkozy, et déjà bien avant qu'il ne soit Président. Tout le monde y passe : magistrats, préfets, diplomates, journalistes, amis et ennemis politiques, témoins gênants, hauts responsables de la sécurité publique, banquier...

Et à chaque fois les mêmes phénomènes : arbitraire, intempérance, intolérance, utilisation abusive des moyens de l'Etat, volonté d'humilier, de casser, d'avantager ses amis supposés... avant que ceux-ci ne fassent à leur tour les frais l'hyper-ego du monarque.

Mais au delà de ce déballage visant un seul homme, on découvre hélas un univers impitoyable, tissé de reniements, de trahisons, de fausse confiance et de coups bas. Est-ce ce prix humainement exorbitant qu'il faut payer pour gagner son pouvoir sur ses semblables ? On se prend à douter.

Quelques extraits des 7 premiers témoignages. Le reste est à l'avenant.




Elle ne m'a jamais donné signe de vie. Alors que je ne suis dévoué à elle pendant sept ans. J'ai pris des coups pour elle, j'en ai oublié ma carrière. J'en conclus qu'en fait, il n'y a pas de contenu chez MAM, pas de valeurs
(David Sénat, Magistrat, ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie, écarté brutalement pour avoir été soupçonné d'informer la presse sur l'affaire Bettencourt )

J'étais une cible intéressante (...) très en pointe dans l'affaire Gandrange où je mets directement en cause Sarko
(Aurélie Filipetti, Députée PS, après la publication dans la presse d'une plainte déposée par elle concernant sa vie privée)

Comment un Président de la République Française, en l'occurrence Nicolas Sarkozy, a-t-il pu arriver à sanctionner si lourdement l'expression d'une idée différente ?
(Jean-Hugues Matelly, Chef d'escadron de la Gendarmerie nationale, premier officier de l'armée à avoir été radié par un décret du Président de la république, suite à sa critique du rapprochement Police-Gendarmerie)

Lors de la visite du Président, le Préfet a cherché à assurer la sécurité et il l'a fait. Cette décision est disproportionnée. Je trouve que c'est faire fi avec beaucoup de légèreté de la représentation de l'Etat dans les départements. Et c'est aussi très contre-productif sur le plan politique.
(Jean-François Le Grand, Sénateur UMP et Président du Conseil général de la Manche, concernant l'éviction du Préfet Jean Charbonniaud suite à une visite agitée de Sarko à Saint Lo)


Interrogé sur Europe 1, Woerth m'a lachée. (...) C'est dans ces moments-là que la personnalité des gens se révèle
(Christine Boutin, à propos de la polémique sur le salaire touché pour sa mission sur la mondialisation suite à son éviction du gouvernement)

Il n'a pas de mots assez forts pour fustiger le "mépris" présidentiel pour ce grand corps de l'Etat qu'est l'administration préfectorale, dire son regret de voir le chef de l'Etat "casser tous les corps intermédiaires", préfets, magistrats, conseillers d'Etat, diplomates...
(à propos de Pierre Bousquet de Florian, Préfet, ex-responsable de la DST, inquiété dans le cadre de l'affaire Clearstream)

Je tiens à préciser que le Ministre de l'Intérieur [Sarko], quand il affirme n'être pour rien dans mon licenciement, ne dit pas la vérité
(Alain Genestar, ex-Directeur de Paris-Match, écarté suite à la publication en aout 2005 à la une du magazine d'une photographie de Cécilia Sarkozy au bras de son amant Richard Attias)


mardi 14 juin 2011

Quand ça veut pas, ça veut pas !



On guettait l'anniversaire : le voici. Un an que la Belgique est privée de gouvernement. Et pourtant, elle tourne !



Bon, faisons un rapide point de situation. Dernier événement majeur de la Crise : Elio di Rupo est désigné le 17 mai dernier Formateur par le Roi. C'est le premier Formateur désigné depuis le début de la crise. Elio di Rupo est donc jugé capable de former un gouvernement, pourrait-on penser. Et bien non : Mission impossible titre le Soir du 17 mai. C'est pas mal, comme feuille de route.

17 mai, 17 mai... Que se passait-il ? Et bien... Tous les médias parlaient de l'affaire DSK, qui venait d'exploser. Quand ça veut pas...

Et qu'apprend-on ces jours ci : le pauvre Elio di Rupo, opéré des cordes vocales, est sans voix. Quand ça veut pas, décidément... La suite au prochain épisode ! Amis belges, je vous aime.

Trouver un gouvernement pour un peuple qui est capable de faire ceci...
 et en deux langues ! C'est pas gagné.

vendredi 10 juin 2011

samedi 22 janvier 2011

Photographie d'Etat


Cette photo, prise lors de la visite du Président chinois Hu Jintao en Corée du Nord en août dernier, a récemment été reproduite ici et là dans la presse, Wikileaks ayant fini fin 2010 par accréditer la rumeur que le gouvernement chinois s'apprêtait à lâcher le dictateur nord-coréen pour créer les conditions d'une réunification des deux Corées.

Photo intéressante : poignée de main totalement asymétrique, le bras près du corps et plié pour Kim Jong-Il, comme s'il voulait rapprocher Hu Jintao, dont le bras tendu au contraire marque la distance. On voit en tout cas qui dépend de qui sur cette photo d'Associated Press. Et combien d'arrière pensées peut-on deviner derrière ces deux paires de lunettes et ces sourires crispés ?

Pour un peu, cela rappellerait une certaine photo prise le 6 octobre 1989, jour du 40° anniversaire de la RDA. Trois jours après, Moscou lâchait Honecker en demandant à Egon Krenz, son dauphin, de le destituer. La RDA n'aura pas connu d'autres anniversaires.



samedi 3 juillet 2010

Le grand festival du N'importe quoi, Youpie !




Quelle abondance ! N'en jetez plus ! Pour qui suit l'actualité française de ces dernières semaines, le grand feu d'artifice du grand n'importe quoi a ébloui les esprits.

Grand n'importe quoi politique avec les tribulations gouvernementales et présidentielles au royaume du conflit d'intérêt, de la confusion des intérêts individuels et collectifs, de la fausse vertu offensée : ben quoi, ce que j'ai fait est légal, ou presque... Je suis Ministre quand même !

Grand n'importe quoi sportif avec les avanies de nos millionnaires en short en Afrique du Sud pour la coupe du monde de football. On philosophera plus tard sur la signification du jeu sportif dans les sociétés modernes. Pour l'heure, on se contentera de relever la déficience insigne de toute instance susceptible d'avoir une quelconque responsabilité dans l'affaire.

Les Guignols de l'info, citons les puisque nous sommes dans les guignolades, ont proposé le 21 juin une intéressante synthèse de ces deux n'importe quoi.

Quant au Canard Enchaîné, qui décidemment fait office de première institution garante de la démocratie dans ce pays, il s'en donne évidemment à coeur joie.





République bananière avions nous dit ? Certes, mais trois étoiles, alors, moyennant ce Président qui a perdu les pédales.

Ou devons nous maintenant conclure qu'il est devenu complètement fou, gavé de courtisaneries, farci des avis ineptes de ses conseillers, confit par les relations avec ses richissimes amis, discrédité par ses incessantes déclarations contradictoires et une communication catastrophiquement maladroite. Autrement dit, complètement à l'ouest (là où sont les beaux quartiers) d'une société qu'il ne comprend pas, pas plus qu'elle n'accepte son style - sans même parler de sa politique ?

La fin du règne risque d'apparaître maintenant comme fort longue. Bon Tour de France en attendant.





mardi 30 mars 2010

Bienvenue à la radio


L'après-régionales est plutôt intéressant : comme prisonnier d'un bocal dans lequel il s'est lui-même enfermé, et dont le couvercle des sondages est - pour un moment au moins - bien fixé, l'actuel pouvoir tente de s'en sortir.

Tout est bon pour cela : manœuvres de diversion pour tenter, pauvrement, de reconquérir un électorat perdu depuis longtemps - ainsi du report de la taxe carbone, batailles politiques internes jusqu'au sang - malheur au vaincu - alors qu'on sait bien depuis les travaux du biologiste Laborit que des animaux de laboratoire, soumis à une contrainte externe à laquelle ils ne peuvent pourtant rien, finissent toujours par se battre entre eux.

Du coup, les commentateurs ont un peu de grain à moudre et, pour certains, ils arrivent à contourner le mur partisan pour offrir quelques éclairages intéressants.

On en a retenu deux, radiophoniques de service public tous les deux.

D'une part Rocard à France Inter le 24 mars, refaisant toute l'histoire du réchauffement de la planète en 5 mn, de manière assez lumineuse finalement et en n'oubliant pas grand chose. On sent tout au long de l'exposé le journaliste interviewer piaffer d'impatience : la séquence dure à peine 10 mn (l'invité de France inter, de 8 h 20 à 8 h 30) mais il finit par jouer le jeu. C'est rare, exceptionnel même dans le monde des médias, où chaque seconde est comptée.

Et puis d'autre part un extrait de l'émission l'Esprit public du 28 mars, grand bol d'air médiatique du dimanche matin après la messe sur France Culture, ou Philippe Meyer laisse le temps à ses invités de développer quelques analyses sur la situation politique, sociale et internationale qui font du bien à entendre dans leur diversité nuancée et respectueuse de l'opinion des autres. Ouf !

Il est particulièrement réjouissant, enfin, d'entendre y décrire assez précisément le sentiment diffus mais constant de cette dévalorisation de la parole politique qu'est la logorrhée sarkozyste, qui prend en permanence les mots pour les choses et que l'on avait tenté d'expliquer déjà sur le blog (voir ce message notamment).



Qu'on ne s'y trompe pas, Sarko finira par sortir de son bocal, c'est une question de temps - mais il sera intéressant de voir comment, et... dans quel état ! Et pour finir, ce mot entendu juste à l'instant, de la bouche du journaliste présentant le journal de 8 h 00 à France inter et relatant la visite de notre Président aux USA : "... Président en difficulté, ayant laissé la France en sous-traitance à François Fillon..."... Ouf, faut-il qu'il soit affaibli, pour que la formulation des informations autorise cela !



L'esprit public - France culture
28 mars 2010





jeudi 25 mars 2010

Régionales 2010 : le jeu des 7 erreurs



Cherchez l'erreur, suite au scrutin régional des 14 et 21 mars, et que Sarko et sa clique règne sans partage sur les institutions nationales :


Evidemment le jeu est plus facile si l'on produit ces cartes :



et encore plus avec ce diagramme :


ou encore celle-ci :


Le blog En attendant reviendra évidemment sur cette image peu glorieuse de la démocratie française que laisse ce scrutin.

Merci à nouveau au site France politique pour ses études politiques et sa cartographie limpide.

mercredi 10 mars 2010

Retour sur Haïti


Une catastrophe a déjà chassé l'autre. Mais Haïti demeure. Dans l'accumulation des déclarations de toute nature sur le pays suite au séisme de janvier, au final, peu de choses demeurent. Et malgré tout il faut bien s'expliquer ce qui arrive à ce pays depuis sa fondation, comme le blog "en attendant" s'y est essayé dans un message précédent. Et pourquoi cette gouvernance catastrophique au cours des siècles alors qu'Haïti fut fondé sur l'avant garde éclairée des Lumières ? Et pourquoi l'ignorance de ce pays, notamment par la France, dont aucun président de la République ne l'avait visité jusqu'ici ?

Alors voila qui peut être fort utile : un extrait de l'interview de Jean-Marie Théodat, Haïtien, Géographe, Universitaire, au journal le Monde, publié le 23 janvier dernier, et gardé sous le coude jusqu'ici, dans l'espoir de recueillir d'autres éléments de la même eau claire... En vain, je le crains.

Propos recueillis par Josyane Savigneau

(...)

Votre thèse est consacrée à Saint-Domingue et Haïti. On a le sentiment que, sur une même île, il y a un côté qui gagne, la République dominicaine, et un côté qui perd, Haïti.

La République dominicaine a eu une histoire économique et sociale qui lui a permis de se mettre à l'abri de certains grands dérapages. La nation s'y est faite sous l'égide de l'Etat, contre Haïti, par la guerre. A Port-au-Prince, à l'inverse, on a assisté d'emblée, dès l'indépendance, en 1804, à un divorce entre l'Etat et la société.

L'Etat est héritier de l'administration coloniale, avec un mode de gouvernance qui n'a pas bougé : aux riches tous les bénéfices du travail, aucun service en retour pour les pauvres. Le paysan, ancien esclave, a été assigné à un double service : le travail de la terre et le service des armées. Les grandes propriétés étaient gérées sur un mode militaire. Les travailleurs, même salariés, étaient organisés en escouades. Le paysan haïtien, issu de l'esclavage, rêvait d'une liberté plus franche. Il n'a jamais adhéré au modèle de société proposé par son élite.

Le chaos actuel peut-il seulement enfoncer Haïti dans le malheur ou permettre un sursaut ?

Il y a quelques années, je disais à mes amis "On ne pourra jamais tomber plus bas" : la misère, la pauvreté, les catastrophes et la perte de l'indépendance. Car la présence de la Minustah, même si c'est une main secourable, attente à notre dignité. Aujourd'hui le pays tout entier est à terre, seuls nous ne pourrons pas rebondir.

Mais l'extraordinaire empathie manifestée par la communauté internationale est plus forte que pour d'autres catastrophes naturelles. Ce pays qui est entré dans l'histoire en démontrant le caractère universel des droits de l'homme y revient pour rappeler, à son corps défendant, l'universalité de la douleur, c'est la seule bonne nouvelle à tirer de ce séisme.

samedi 30 janvier 2010

Français, encore un effort (encore)


Que voici un beau gouvernement ! 16 Ministres en tout et pour tout, y inclus la Chef, Angela. Six femmes, dont la même chef. Deux partis représentés seulement : 5 FDP (Libéraux), 11 CDU (démocratie chrétienne), pour refléter l'arithmétique électorale des élections de novembre 2009.

Des portefeuilles simplement nommés et parfaitement compréhensibles : Affaires étrangères, Intérieur, Finances, Economie, Travail, Défense, Justice, Santé, Famille, Education, Transports, Environnement, Agriculture, Coopération et développement.

Que ce gouvernement paraît reposant dans son affichage, à côté de nos 39 ministres (dont le Premier), sous-ministres, hauts-commissaires et tutti quanti, issus de moults partis et groupuscules de tout poil, et aux portefeuilles exotiques et brouillons dans leur appellation. Le blog en a déjà parlé ici. Et encore ne compte-on pas le Président mêle-tout, qui en vaut quelques uns de plus à lui tout seul. Au moins, le Président allemand, lui, ne se mêle que de ce qui le regarde.

Français, encore un effort !



jeudi 28 janvier 2010

Partage de Frère

Information tombée ces temps ci dans les milieux financiers : la Caisse des dépôts et conciliations, bras financier de l'Etat depuis toujours, veut vendre la chaîne franco-belge de fast-food Quick...

Tiens, on avait totalement oublié que Quick appartenait à la Caisse des Dépôts depuis 2006. Et comment est-ce possible ? Comment se fait-il que l'Etat français ait jugé qu'il était absolument stratégique d'investir dans une chaîne de restauration rapide pour un ticket de 730 millions d'Euros ? Pour éviter le retour de Burgerking ?

Et comment se fait-il, en plus, que la vente soit censée rapporter... 800 millions d'Euros alors qu'à l'achat il était prévu une rentabilité de 5% annuellement ?

Question supplémentaire : a qui la caisse des dépôts a-t-elle acheté Quick en 2006 ? Réponse : à Albert Frère. Et enfin, quel est l'ami le plus puissant d'Albert Frère ? Réponse : Un ami en or

PS : Et merci à Sinéhebdo pour le tuyau...


samedi 9 janvier 2010

Copenhague : bonjour tristesse

[Photo repiquée dans la revue Acteurs publics, crédits : Montgomery/Scanpix Suède/SIPA]

Cette photographie du 18 décembre, prise le seul jour où Obama était présent au sommet de Copenhague, arrête le regard. Voici les grands de l'Europe dans un environnement minimaliste, manifestement exténués, surplombés par un Obama somme toute plus frais, qui ne les regarde pas en faisant semblant de s'intéresser à ce que le premier Ministre danois tente de leur raconter. Pas vraiment joyeuse, la petite bande.

Loin du strass, des sourires et des sunlights du pouvoir que l'on sert au bon peuple à l'envi aux journaux de 20 h, cet instantané reflète parfaitement l'un des vrais visages du pouvoir étatique et de la diplomatie réelle : dure, décevante, frustrante, usante, désespérante... Les amis italiens ont une expression pour évoquer ce type de situation : la démocratie de l'impuissance. Belle image.