Message circulant sur internet en ce moment. C'est l'époque et c'est toujours marrant, dans tous les pays, de jouer aux contribuable récalcitrant, avec cette fois en prime un relent de populisme anti-fonctionnaire et, plus rare, anti-association... mais la petite BD finale est vraiment marrante.
Si vous recevez dans les prochains jours une enveloppe de ce modèle à en-tête de l'Administration fiscale,
NE L'OUVREZ SURTOUT PAS !
Elle contient un virus capable de vous faire perdre l'équivalent de deux mois de salaire !!!
Il s'agit d'un piège grossier pour vous extorquer de l'argent sous prétexte de renflouer les caisses de l'Etat.
En fait, cet argent irait à des entreprises peu scrupuleuses (renflouage des déficits passés, cadeaux fiscaux, fonctionnaires peu scrupuleux, voyages à l'étranger, pots de vin, associations multi-subventionnées, contrôle et surveillance des "délinquants" de la route, etc.)
NB : Il a été établi que ce virus sévit aussi dans d'autres pays, mais notre pays est l'un des plus touchés
et tous les antivirus testés à l’Assemblée Nationale depuis des décennies n'ont fait qu'aggraver la contagion.
Pour ne plus être la victime de ce vol organisé, il ne vous reste qu'une chose à faire, suivez les instructions ci-dessous...
Comparé à l'arrêt total du transport aérien en Europe ces derniers jours pour cause d'éruption volcanique islandaise, la grêve SNCF concomitante paraît faiblarde et pour tout dire un peu mesquine, sur fond de désunion syndicale totale et de revendications mélangées peu claires : s'agit-il de défendre l'outil de travail ? de promouvoir la branche frêt ? de défendre les acquis sociaux ? Passons.
Cela dit, on peut quand même poser une petite question à quelques centaines de Millions d'Euros.
Imaginons un grand groupe logistique, le 4° européen et le 6° mondial exactement, comptant près de 30 000 collaborateurs et capable de jeter quotidiennement sur les routes plus de 10 000 véhicules de transport de marchandises, pour l'essentiel des camions, des camions et encore des camions...
Et à qui appartient donc ce géant de la route ? La réponse est dans ce communiqué tout ce qu'il y a de plus officiel :
Donc un des principaux opérateurs de transport routier appartient... au rail. Bon, à en croire le site internet du groupe, nous sommes dans le souci durable : il s'agit d'économiser du CO2 à la planète en jouant l'intermodalité :
Voire... mais n'y-a-il pas quand même une légère contradiction : développer le transport ferroviaire, c'est limiter le transport routier non ? Donc développer l'entreprise SNCF, c'est aussi ne pas la développer... Do you speak SNCF ?
Le contraste est saisissant : d'un côté, l'avion présidentiel polonais qui s'écrase en Russie avec 96 personnes à bord, dont une grande majorité d'excellences, alors qu'il était en route pour une grave cérémonie permettant enfin de rétablir la vérité sur le massacre de Katyn, et de tourner une des pages les plus tragiques du XX° siècle. De l'autre, un guignol présidentiel complètement azimuté qui réussit le tour de force de transformer une rumeur anodine en affaire d'Etat. Mais où sommes nous donc ?
Et Carla qui s'y colle, à Europe 1, en balançant une énorme contre-vérité : la pauvre, personne ne lui avait dit que les services de sécurité intérieure avaient été convoqués au chevet de son lit matrimonial ! Imagine-t-on Tante Yvonne, Claude Pompidou, Anémone Giscard d'Estaing, Danièle Mitterrand ou Bernadette Chirac aller vaillamment dans les grands médias couvrir leur époux... ? Alors que leurs maris respectifs ont tous eu affaire à des rumeurs d'autre importance...
La famille Sarko, ça commence à bien faire... , c'est en substance ce que les instituts d'étude de l'opinion recueillent comme matière première en ce moment, selon le Canard enchaîné de ce jour. En effet. Et pour marquer le coup, voici la chronique de Stéphane Guillon de ce lundi, qui propose une synthèse plutôt grinçante des deux informations.
Prenons aussi un peu de distance avec un extrait du Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung de dimanche dernier où le feuilletoniste Nils Minkmar trouve une image assez convaincante de ce qui nous arrive : coincés dans l'ascenseur avec Sarkozy...
(...) Le médium de la rumeur est surtout efficace dans le camp de la droite, où l’on aime les présidents inaccessibles, qui peuvent être admirés tandis qu’ils s’occupent de leurs affaires tout en haut, au sommet de l’Etat, en laissant tranquilles leurs concitoyens. Lesquels ont déjà bien assez d’ennuis comme ça – pas la peine de partager en plus ceux du chef de l’Etat. Quand on s’entretient ces temps-ci avec des policiers et des commerçants en province, ils secouent la tête dès que le nom de Sarkozy est mentionné. Que l’on tombe partout sur des photos de la première dame[en français dans le texte]nue est déjà pénible pour beaucoup de ses partisans. Qu’il ne se maîtrise toujours pas, qu’on le voie tout le temps à la télé, ça énerve aussi. Depuis plusieurs jours, la France a l’impression d’être coincée dans un ascenseur avec Sarkozy (...)
Le titre de l'article est Le Président dans son labyrinthe. On lui souhaite d'en sortir un jour.
L'après-régionales est plutôt intéressant : comme prisonnier d'un bocal dans lequel il s'est lui-même enfermé, et dont le couvercle des sondages est - pour un moment au moins - bien fixé, l'actuel pouvoir tente de s'en sortir.
Tout est bon pour cela : manœuvres de diversion pour tenter, pauvrement, de reconquérir un électorat perdu depuis longtemps - ainsi du report de la taxe carbone, batailles politiques internes jusqu'au sang - malheur au vaincu - alors qu'on sait bien depuis les travaux du biologiste Laborit que des animaux de laboratoire, soumis à une contrainte externe à laquelle ils ne peuvent pourtant rien, finissent toujours par se battre entre eux.
Du coup, les commentateurs ont un peu de grain à moudre et, pour certains, ils arrivent à contourner le mur partisan pour offrir quelques éclairages intéressants.
On en a retenu deux, radiophoniques de service public tous les deux.
D'une part Rocard à France Inter le 24 mars, refaisant toute l'histoire du réchauffement de la planète en 5 mn, de manière assez lumineuse finalement et en n'oubliant pas grand chose. On sent tout au long de l'exposé le journaliste interviewer piaffer d'impatience : la séquence dure à peine 10 mn (l'invité de France inter, de 8 h 20 à 8 h 30) mais il finit par jouer le jeu. C'est rare, exceptionnel même dans le monde des médias, où chaque seconde est comptée.
Et puis d'autre part un extrait de l'émission l'Esprit public du 28 mars, grand bol d'air médiatique du dimanche matin après la messe sur France Culture, ou Philippe Meyer laisse le temps à ses invités de développer quelques analyses sur la situation politique, sociale et internationale qui font du bien à entendre dans leur diversité nuancée et respectueuse de l'opinion des autres. Ouf !
Il est particulièrement réjouissant, enfin, d'entendre y décrire assez précisément le sentiment diffus mais constant de cette dévalorisation de la parole politique qu'est la logorrhée sarkozyste, qui prend en permanence les mots pour les choses et que l'on avait tenté d'expliquer déjà sur le blog (voir ce message notamment).
Qu'on ne s'y trompe pas, Sarko finira par sortir de son bocal, c'est une question de temps - mais il sera intéressant de voir comment, et... dans quel état ! Et pour finir, ce mot entendu juste à l'instant, de la bouche du journaliste présentant le journal de 8 h 00 à France inter et relatant la visite de notre Président aux USA : "... Président en difficulté, ayant laissé la France en sous-traitance à François Fillon..."... Ouf, faut-il qu'il soit affaibli, pour que la formulation des informations autorise cela !